Midterms 2026 : Chronique d'une débâcle annoncé mais une surprise malgré tous

Hier soir je me suis couché en pensant que peu aux Midterms 2026, trop souvent je me suis laissé emporter dans des nuits entières à suivre les élections américaines mais, là, j’avais besoin de sommeil.
Avant de fermer les yeux je vois une victoire du GOP à Guam, et ce qui semble être de bons signaux en terme de mobilisation pour le parti du président Trump, or quand je me suis réveillé,, force est de constater que non seulement 
la « Blue Wave » que tant semblé attendre a eu lieu mais qu’elle a eu bien lieu.

Les midterms sont presque toujours, c’est quasiment automatique, un moment de faiblesse pour le parti occupant la Maison Blanche. Reagan en a fait les frais, les deux Bush, Clinton et Obama aussi, c’est presque une tradition. 
Dans ce cadre, lors des midterms de 2010, le président Obama connut même une défaite  des plus sévères de l’histoire du congrès, perdant 63 sièges à la Chambre des Représentants et 6 siège au Sénat et, malgré ce, a su se faire réélire aux Generals de 2012.
Ici le président Trump, qui vient d’essuyer une défaite, n’a relativement pas subi une défaite pareille : il a perdu 7 sièges au sénat et 37 si!ges aux représentants. Comme tous les présidents ayant accompli plus de deux termes, il va donc devoir finir son mandat avec un congrès hostile.
Et loin de sa communication habituellement très combative, qui tend à tant énerver ses opposants, Donald Trump reste calme, ne parlant pas de fraude possible, et même humble à sa façon (disant juste que si il était sur le bulletin de vote les républicains auraient gagné encore une fois) préparant même certaines négociations sur l’international alors même que les 2 prochaines années seront pour lui une suite interminable d’affrontements pour le budget et de procès plus ou moins pertinents que lui lanceront ses adversaires.


Là où la défaite étonne, hors d’un cadre des midterms, c’est au Texas.
Non seulement le petit chouchou démocrates des média français James Talarico (alors même que ce dernier passa les dernière semaine de campagnes isolé en hôpital psychiatrique du fait de la pression et que son profil ne correspond pas du tout du tout à l’image populaire et mythologique de l’Etat à l’étoile solitaire) a remporté la course pour devenir Sénateur, c’est aussi une démocrate qui fut élue gouverneur, et un seul républicain rejoint le congrès alors même que le Texas fut avec la Floride le bastion suprême du GOP, le grand état rouge. Les chiffres semblent montrer un manque de turn out des électeurs républicains mais on tout de même tout pour étonner, d’autant plus que comme d’autres états,  les électeurs qui n’ont pas reconduit les républicains à leurs postes, les électeurs ont validé toutes les questions soulevées par le GOP en référendum, sur les questions de fiscalité, de citoyenneté, de mode de scrutin, tant de questions dont une validation par les électeusr interrogés quant à la cohérence d’avec l’élection de membres du parti démocrate voir du DSA. Beaucoup pointent aussi du doigt la politique du gouverneur républicain du Texas Greg Abbott en faveur de l'implantation de startups venant de Californie et embauchant de nombreuses personnes ayant un visa H1B1 qui tendent de façon presque automatique, une fois la nationalité acquise à voter démocrate, ayant ainsi fait, et ceux malgré son entreprise de séduction de la communauté indienne, disparaître par sa politique d’accueil, une partie de l’avantage électoral de son propre parti au Texas. Le vote latino, qui semblait pourtant acquis à Trump est retourné au Texas chez les démocrates, peut-etre car la nominée démocrate, maintenant élue, au poste de gouverneur est elle même Latina, mais voir tout les comtés, même ceux qui en 2024 furent notés R+97 passé a D+20 en moins de deux ans, tout en supportant des référendums GOP a vraiment de quoi étonner profondément l’observateur que je suis. 


Malgré les « transplants » de Californie qui continuent de voter pour les politiques bleus qui les ont fait quitter leur état bleu pour un état rouge, ne peut, ne pourra, devenir une nouvelle Californie, encore moins en moins de deux ans.
On peut en déduire de cela, pour ne pas s’aventurer dans les éternels débats fraude ou pas fraude qui empoisonnent nos démocraties contemporaines, que l’on peut voir un électorat moins conquis par les démocrates (qui ont tout de même réussi à faire un bon turnout, là où le grand maître de la mobilisation électorale des républicains, leur ancien faiseur de victoire, Charlie Kirk a tragiquement manqué durant ces premières élections un an après son assasinat) que mécontent contre la façon dont le GOP a utilisé sa trifecta (quand un parti controle Maison Blanche, Chambre des représentant et Sénat, et dans le cas de Trump la cours suprême aussi) miraculeuse de 2024.


Premièrement l’économie : les républicains ont hérité de la grosse crise laissée par Biden, une grande inflation, couplée à une augmentation des prix non liée à l’inflation. Si Trump a réussi à faire baisser l'emblématique prix des œufs, cette baisse prend trop de temps et les électeurs ne peuvent attendre deux ans pour remplir leur frigo.
Les démocrates n’ont pas fait campagne là dessus, leur ordre de bataille étaient dispersé et concentré sur la bataille culturelle, il n’y a qu'à voir la réaction de Ro Khanat qui pour célébrer le fit au cri de « DEI is back ». 
Néanmoins les électeurs avait des grandes attentes sur leur pouvoir d’achat et si Trump a réussi a y répondre sur certains aspects, sur d’autres, cela trainait trop, d’autant plus que ce dernier semblait plus se préoccuper, et nous le verrons plus longuement, de conflit extérieur que du prix du bacon (sur le prix du boeuf, il a hérité d’une situation compliquée de cheptel décimé sous Biden et a réussi, trop tard à faire baisser les prix). 
Fait très curieux, le prix de l’essence qui fut une véritable épine dans le pied électoral du Président, sans que rien côté technique ne change, a immédiatement baissé le lendemain des midterms et, à noter, que de nombreux états à l’instar de la France avait instauré des taxes sur l’essence)
Le manque de résultats a pu motiver de nombreux républicains modérés à se déplacer, d’autant plus que les midterms ne sont pas les élections les plus palpitantes pour cet électorat qui se passionne presque exclusivement pour les Générals. Et cela a pu être accentué par le fait que, face à cela, la trifecta républicaine fonctionnait avec deux jambes législatives cassées, un véritable « do nothing congress » où le président devait batailler pour que sa majorité mette en œuvre son agenda législatif. 
Le chef des républicains au Sénat, Johne Thune, est le symbole même d’une inaction législative, symbolisée par la mollesse autour de la mise en place de l’emblématique SAVE Act, projet de législation très important pour les républicains, que le chef du parti au Sénat n’a pas défendu et dont la mort du sénateur Lindsey Graham (dont la soeur n’ai pas parvenue à protéger son siège en Caroline du Nord)  a presque fini d'enterrer tout espoir de le faire passer;


Le Congrès et le Sénat furent durant ces deux ans à la traîne par rapport à une Maison Banche très active (trop peut-être même au goût de certains) et cela ne manquant pas de retourner, même certains MAGA pur jus, les électeurs de Trump en 2024 qui ont leur attentes personnelles, contre le personnel du GOP qui ainsi eu ces difficultés de mobilisation. Ne pas avoir passé le SAVE Act fut vu comme une trahison par bon nombre de républicains qui, ainsi, se sont abstenus, ont pu voter pour les référendums républicains, mais on voulu punir la classe politique en parfois votant même démocrate sans pour autant se ranger à leurs idées.
 Ainsi du «Mandat Celeste» qui fut offert à Trump et aux républicains en 2024, l’on peut presque dire qu’en 2026 les Républicains, eux, n’en ont pas voulu.
Plus encore, ce qui a pu rendre cette défaite attendue des républicains plus évidente fut la longueur de la guerre en Iran. Si les opérations au Vénézuela furent un triomphe, la guerre contre l’Iran, réussi du point de vue militaire, du fait de l’absence de sortie politique fut très mal perçue par une partie des électeurs.


Les Américains (cocasse quand on connaît leur moquerie sur les Français à ce propos) ne supportent plus la guerre, ils en sont traumatisés. Et si l’Iran fut défaite (ne pouvant finalement plus faire pression sur Ormuz) mais le fait est que la République Islamique est toujours là et le blocus continue. 
Quelques semaines avant les opération « Epic Fury », lorsque le président Trump promis, et il tenu sa promesse, aux manifestants iraniens que l’aide arrivait, le régime des Mollah massacra plus de 40 000 citoyens finissant d’achever un climat de terreur dans cette population qui rêve a un juste changement, ainsi quand enfin l’Amérique intervient, les forces opposées au régime furent exsangues, incapables malgré leurs rêves, malgré leur courage et leur détermination, de pouvoir, comme l’aurait espérer le Department of Défense, d’accompagner la décapitation américaine du régime par un changement démocratique : et c’est logique, après autant de sang versé, on ne peut demander plus à un peuple qui a déjà tout donné pour sa liberté. 
Ne pouvant évidemment, pour des questions d’image et de politique interne, envoyer des troupes au sols, Trump n'eut d'autres choix que de continuer la guerre par l’attrition et le blocus (avec l’épisode franchement réussi du sauvetage des pilotes) et si le programme nucléaire iranien semblent enterré, il n’empêche que les midterms furent abordés par les Républicains non pas avec une grande victoire triomphante comme celle face à Maduro mais par une énième guerre impopulaire (et l’avoir fait avant les midterms et non avant les Générals a peut être, a contrario, protégé les possibilités d’une victoire républicaine de 2028).


A cela s’ajoute une grande campagne de démoralisation en ligne menés contre les républicains, par les divers factions de l’extreme droite (suprémasistes blancs, néo nazi, antisémites, etc) qui quand il n’ont pas, à l’image de leur leader Nick Fuentes, appelé carrément à voter démocrate, ont participé, à l’image des complotistes Tucker Carlson, Candance Owens et Alex Jones, à semer doute et confusion sur le moral des républicains. 
Si ces personnalités ne sont pas suivies ou ne le sont plus dans le cadre de Owens et Carlson, par les électeurs républicains, ces derniers sont tout de même omniprésents en ligne et leur rhétorique présentant le GOP, à tort comme une force allant à l'encontre de l’idéal de la droite américaine, a pu peser sur la mobilisation, d’autant plus que ces derniers s’opposent fermement à la position de Trump sur Israël (exagérant même son alliance avec Israël pour le faire passer pour quelqu’un de servile là où Donald Trump et Benyamin Netanyahu n’ont pas la plus harmonieuse des relations). 
Occultant les réussites de Trump dans la mise en place de son plan face à l’immigration (et parfois même critiquant ce plan le jugeant, et ce de façon très étonnante pour un observateur extérieur à ces mouvances et groupuscules comme trop brutal) ces derniers non seulement se retrouvent parfois du fait de la question d’Israel et des « sionistes » plus en accord avec le DSA que le GOP mais en plus beaucoup de ses groupes d’extrêmes droites antisémites veulent une victoire des démocrates au nom de «accélérationnisme » doctrine voulant que en provoquant l’échec et la chute de Trump accusé d’être trop modéré et « à la botte des juifs » ils parviendront à faire émerger un des leurs qu’ils surnomment « Hitler 2.0 ». 
Si hors d’internet ces groupes haineux sont marginaux, la constante propagande qu’ils font sur les réseaux et le harcèlement de certains candidats républicains comme Vivek Ramaswami en Ohio pour le simple crime d’être d’origine indienne, a pu peser sur le moral des troupes au moment de mobiliser l’électorat. Leur capacité aussi à faire parler de l’Affaire Epstein, dont Trump avait promis de faire la lumière dans sa campagne et dont son ancienne général attorney Pam Bondy a fait de la sortie du dossier une véritable débâcle ayant permis aux démocrates et à l’extreme droite antisémite, à tort, de salir Trump en l’associant à l’affaire (là ou les mentions de son nom étaient soit liées à une dénonciation d’Epstein soit à des « tips » anonymes donnés au FBI par des personnes schizophrènes portant des accusations fantaisistes), a aussi ainsi donné à ces extrémistes une capacité de nuisance que les démocrates ont su exploiter auprès de l’électorat jeune qui s’était rallié à Trump en 2024 via le monde des podcasts et qui ici s’est peu mobilisé. 
Un grand nombre des activistes anonymes qui ont fait campagne en 2016, 2020 et 2024 pour Trump, à coup de mêmes, ont pu être ainsi soit absents, soit blasés de la politique, voire, ont pu rejoindre ces factions extrémistes et quitter le camp conservateur, républicain et MAGA.


Néanmoins rien n’est fini pour Trump ou le GOP. 
Premièrement comme lui même l’a dit, il est vrai qu’il y a un véritable effet Trump électoralement, son nom sur le bulletin suffisant à mobiliser là où les midterms font souffrir le GOP de son absence, deuxièmement oui, même avec de l’espoir, il faut toujours toujours s’attendre à ce que le président en fonction se prenne une défaite aux élections de mi mandat. 
Il est important de noter, comme l’illustre les réussites des référendums républicains, y compris sur les questions liées aux élections dans l’esprit du SAVE Act, que la politique et les idées républicaines ne furent pas punis, c’est la classe politique qui le fut, les démocrates sont toujours dispersés entre DSA et establishment, il leur manque une figure de proue et l’hypothèse portable d’une nomination de Kamala Harris en 2028 face à Rubio, Vance ou Desantis ne semble pas assurer d’une victoire démocrate. 
Il faut aussi voir les réussites, que l’on soit d’accord ou non avec ses idées et cette politique, de Trump concernant son projet sur l’immigration : il y a des nombreux records de départs volontaires, d’expulsions et un ralentissement sans précédent de l’immigration, au point que beaucoup d’électeurs ont entendu cette question comme étant « réglée » et souhaitant donc plus punir les républicains pour ne pas avoir pris en charge la santé économique du pays plus que souhaitant voter pour eux pour les récompenser d’avoir « réglé » cette question. 
Si certains électeurs ont pu être vivement opposés, moralement comme politiquement à cette politique, et ce, même auprès de l’électorat trumpiste, celle ci ne fut pas l’enjeux numéro un de ces élections loin de là et cela restera dans le capital politique de Trump qui n’a pas épuisé au midterms face à une défaite sur cela, la question de l’imigration illégale. 
Cela sera plus dur au niveau du Congrès de fonder l’ICE et les autres organisations liées à la protection des frontières maintenant que les républicains ont perdu les deux chambres (et que la frontière texane sera contrôlée par les démocrates) mais les politiques de Trump ne sont pas impopulaires en ce qui regarde cet enjeu et sont même vues comme étant une réussite. 
Trump garde donc la main mise sur l’administration, l’armée et les affaires étrangères et garde un pouvoir de véto, il ne faut pas s’attendre à ce que l’on prépare l’après Trump après des midterms aussi surprenantes que qu’attendues, mais au contraire, de voir émerger un véritable bras de fer qui mettra en place le dauphin de Trump qui ne sera tout au plus embêté qu’en cas de besoin de nomination d’un nouveau juge à la Cour Suprême.
Enfin, le Texas (et il est vraiment difficile de s’en rendre pleinement compte) a vu les démocrates remporter une victoire, la Floride de Ron Desantis reste elle encore plus fermement le bastion républicain imperdable. La perspective d’une opération pour mettre fin au régime castriste à Cuba, de même que cette consolidation du GOP de Floride, peut véritablement préparer un triomphe républicain pour un nouveau candidat floridien, qu’il soit Rubio ou De Santis, et préparer une base arrière solide pour Vance dans l’hypothèse de sa nomination. 


Ainsi il ne faut pas enterrer Trump, lui-même reste suspicieusement calme, et n’est jamais à cours de surprises politiques à réserver à ses adversaires comme ses soutiens, même face à une improbable défaite texane. Ce dernier d’ailleur semble dire que cette défaite cuisante au midterms fut le juste prix à payer pour empêcher le régime iranien d’avoir la nombre nucléaire et donc pour l’avenir du pays, une élections contre un espoir (peut être vain) de s’assurer pour encor quelque décennie de rester la superpuissance mondiale. 


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