Marco Rubbio, la guerre en Iran, et le post-néo-conservatisme

 Après l’extraordinaire extradition de Nicolas Maduro, l’opération israélo-étasunienne “Epic Fury” contre l’Iran nous fait comprendre pleinement la mesure de la nouvelle époque pour les relations internationales dans laquelle nous entrons. 

                                            

Les Etats-Unis veulent se réaffirmer comme la seule véritable force militaire et politique du globe et leur succès actuel face à des Chinois et des Russes, soit attentistes soit embourbés dans des guerres d'agressions ingagnables, semble montrer une réussite à cet égard.

Là où Saddam Hussein et les Talibans ont coûté un nombre incalculable de vies dans les croisades pour les déloger, ici les frappes contre “l’Axe du mal” sont ciblées et efficaces, débarrassant les “états voyous” de leur leaders ennemis de l’Amérique en quelques heures seulement.

Les nouvelles technologies comme l’IA et des techniques de brouillage et interceptions des réseaux de télécommunications ennemis donnant un avantage matériel gigantesque à l'Amérique, les plus grosses épines dans le pied des américains sont maintenant chirurgicalement en train d’être retirées du pied de la super puissance.

L’exfiltration hollywoodienne de Nicolas Maduro vers une prison New Yorkaise fut le premier signe qu'au moins en ce qui concerne son hémisphère, dans l’antique logique de la doctrine Monroe, les Etats-Unis  étaient redevenus la superpuissance. 

Mais maintenant via cette “Fureur épique” déployée contre le régime de la République Islamique d’Iran, en espérant que les dégâts que cela inflige à l’économie mondiale soient les moins graves possibles, ces derniers semblant juste temporaires au fur et à mesure que la victoire américaine semble actée par les faits (les opposants anti trumpiste n'admettant jamais la défaite et la raison lorsque l’occupant de la Maison blanche parvient à ses buts), on peut prendre pleinement conscience de la fin de tout doute sur l’idée que le XXIème siècle soit le siècle chinois, le siècle multipolaire ou le siècle décolonial et non de nouveau un siècle américain.

Le fait que l’Amérique, tout en menant une guerre ouverte contre une puissance régionale majeure, arrive au même moment à réaliser le premier vol habité vers la Lune depuis 54 ans (la mission Artemis II) devrait montrer, en dépit de ce que l’on aime dire sur les chaînes de TV européennes ou dans les dîners mondains, qu’on ne peut que constater que “America is Back” et que l'Amérique non seulement est de retour mais qu’après avoir retenu les leçons des années Bush, une nouvelle forme plus réussie et plus assumée d'interventionnisme est se manifeste.


Si l'on pensait le néo-conservatisme mort et enterré, en même temps que John McCain et son pendant démocrate lui aussi achevé avec la montée des nouvelles figures comme Zohran Mamdani ou AOC et la chute de Hillary Clinton et Joe Biden, un homme est parvenu, en ayant l’oreille privilégiée de l’Empereur Trump, après avoir été un de ses anciens rivaux, a ressuscité cette vieille vision du monde et à faire que MAGA, contre toute attente, devienne un nouveau synonyme de volonté de voir l’Amérique comme la police du Monde. 

Cet homme est Marco Rubio et il semble bien parti pour être le secrétaire d’état le plus influent et puissant depuis Henry Kissinger.

Lorsque en 2015, Donald Trump descendait l’escalator de la Trump Tower pour lancer sa candidature aux élections présidentielle, tout semblait penser que la doctrine qu’il représentait serait en rupture totale avec le vieux monde bushiens et renouerait avec une doctrine classique des Républicains, celles de Calvin Coolidge ou de Howard Taft et non la version plus impérialiste de Teddy Roosevelt puis des présidents d’après guerre, une doctrine d'isolationnisme et de protectionnisme.

C’est sur cette idée de rompre avec les “forever war” d’Irak ou d'Afghanistan que Trump se fit en partie sa place comme champion incontestable des primaires du GOP en 2016, ça et son corollaire économique de protectionnisme et de réindustrialisation qui contrastait avec le consensus qu’il pouvait exister sur ces politiques entre ces adversaires républicains héritiers des Bush et ses adversaires démocrates comme Hillary Clinton qui fut une secrétaire d’état particulièrement guerrière lors de son passage au Pentagone sous l’administration de Barack Obama.

A cette époque, jeune sénateur de Floride, Marco Rubio, que Trump dans son art du surnom dévastateur avait renommé “little Marco”, était le représentant de cette aile modérée du parti Républicain. Cubain hispanophone (les cubains sont un des blocs d’argile du GOP et d’ailleurs dans le trio de tête du GOP à ces primaires autre candidat de même origine s’était présenté, finissant deuxième: Ted Cruz), il se présentait comme une ouverture au monde latino là ou la rhétorique de Trump envers l’imigration méxicaine pouvais faire croire à l’époque qu’une logique fermée à l’immigration ainsi qu’un isolationnisme international allait coûter à jamais, par le propre fait de Donald Trump, le soutien des américains d’origine hispanique au GOP.


En effet, outre la confusion qu’ont eu par ignorance certains commentateurs politiques sur la position des citoyens américains d’héritage hispanique sur la crise migratoire en provenance d’Amerique centrale, une des grandes raisons du soutien de membres des communautés latino (au dela des questions de valeurs religieuses conservatrices ou des questions d’ordre économique sur les petites entreprises) fut l’idée d’affronter et d’opposer les sources même de leur exil aux Etats Unis : la criminalité, la pauvreté et la tyrannie. 

Triades incarnées par des figures clairement identifiables auxquelles les Bush et les néo conservateurs ont englobé comme membre du grand “Axe du mal” : les cartels de narcotrafic, et les régimes d'ultra-gauche comme ceux opérant à Cuba ou au Vénézuela.

Les américains d’origine cubaine ainsi sont aujourd’hui à l'avant garde de la politique conservatrice et de la nouvelle vision du GOP qui, face au succès économique et politique de l’état de la Floride qui concentre du fait de sa proximité géographique bon nombre de représentants de cette diaspora qui s’y sont installés pour fuir le régime de Castro sans abandonner pour autant leur ancien désir de voir un jour le régime communiste couler à Cuba, lorsque le discours général de la droite américaine passa du néo conservatisme aux idéologies MAGA. 

Si aujourd’hui Donald Trump semble avoir comme prochaine cible La Havane après en avoir fini avec Téhéran, et si son tandem international avec Rubio semble bel et bien marquer un changement tranchant avec sa relation complexe et tendue avec ses ennemis néo conservateurs “the adult in the room” durant son premier mandat, c’est peut être grâce à l’influence puissante de la diaspora cubano-américaine sur le GOP mais aussi sur la Floride où le président américain, New Yorkais de par ses origines mais devenu Floridien avec l'âge (comme c’est souvent le cas) à son palais principal de Mar-a-Lago. 

Lors de sa période d’interrègne, restant à Palm Beach loin de la Trump Tower ou des juges démocrates l’attendaient pour le placer devant la justice pour d'innombrables sujets plus ou moins pertinents, le président Américain s’est en effet énormément rapproché du sénateur qu’il appelait autrefois “Little Marco”. Il aurait même envisagé dans un premier temps de lui proposer de partager le ticket présidentiel avec lui pour les élections de 2024 avant que Don Jr ne l’oriente plutôt vers JD Vance. La Floride fut un des états les plus fidèles à Donald Trump qui le choisit même lui plutôt que le très efficace et populaire gouverneur de l’état Ron Desantis lors des précédentes primaires républicaines et ainsi durant ces années “d’exil” à Palm Beach où l’ancien rival à la primaire Marco Rubio lui permettait d’avoir un allié de poid local qui ne soit un rival plus actuel, il est normal que le président américain se soit laissé imprégné de la culture politique locale et de la vision républicaine d’une des parties du peuple américain qui lui furent une de ses plus grandes partisanes.


Finalement la politique de Trump et de Marco Rubio, tient bien plus de celle de Nixon et de Kissinger que de celle de Bush, Powell et Rice. On retrouve dans la vision stratégique de la Maison blanche un réalisme sans concession, une volonté de placer l'Amérique comme l’hégémon et surtout une même utilisation de la stratégie de “l’homme fou” que lorsque Nixon occupait la maison blanche.

Si l’administration Nixon fut l'artisan de l’ouverture à la Chine et celle de Trump est celle de l'opposition à la Chine populaire, on retrouve tout de même, y compris sur l’Iran (Nixon ayant était un fier allié du Shah,) de nombreux parallèles et points communs notamment dans la méthodologie iconoclaste et l’approche réaliste. 

Ainsi, il n’est pas rare de voir des soutiens de l’administration républicaine autant que des nixon maniaques  s'amuser à poster des montage photo de Marco Rubio mélangé à Henry Kissinger.

Ainsi, tout en restant le même, tout en ayant toujours un discours fièrement pro américain et sans s'embarrasser des discours creux néo conservateurs et néo libéraux sur la démocratie et le nation building pour justifier de leur intérêt guerrier, Trump fut conquis par une idée d'interventionnisme.

Il faut se rappeler pour bien comprendre les enjeux politiques d’aujourd’hui l’atmosphère du premier mandat Trump concernant les questions internationales.

En effet, après avoir fait une campagne anti -guerre, s'opposant au relent guerrier de Hillary Clinton, Donald Trump dû s'allier avec l’ancienne garde évangélique et néo-conservatrice du GOP. Des gens comme John Bolton ou Mike Pence qui ne partageaient ni son orientation, ni ses idées ni son parcours mais qui venaient plutôt de l’aile la plus intransigeante du parti Républicain de l’ére Bush. Ces personnages étaient surnommés “les adultes dans la pièce” par la presse qui voyait en eux un garde fou face aux idées transgressives du nouveau président MAGA. Ces derniers ont poussé à des actions qui à l'époque avaient été une vraie déception pour l’aile isolationniste de la coalition trumpiste d'alors. Ainsi, on se rappelle les bombardements sur la Syrie de Bachar al Assad qui avaient fait bondir bien des isolationnistes ou encore, prélude à la guerre actuelle contre l’Iran, de l’élimination du général Soleimani en Irak. Le point d’orgue dans ce premier mandat en matière d’intervention guerrière de la part de Donald Trump est peut être l’élimination du chef de Daech, Al Baghdadi annoncée avec tant de fierté belliqueuse par le président américain : ‘He died like a dog”, devenu une de ses répliques les plus marquantes tant pour ses opposants que pour ses soutiens. 

Trump, dans son exercice et son appréciation du pouvoir dont il venait ,en accédant au bureau oval, d’assumer toute les dimensions géopolitiques que cela impliquait, restait tout de même, en dépit de cette nouvelle interprétation de son isolationnisme de campagne, s’ouvrant à l’intervention militaire, d’une vision géopolitique et politique complètement différente de celle des “adults in the room” qui ne tardèrent pas à devenir ses principaux adversaires voire ennemis au sein même de la Maison blanche. Ainsi John Bolton, longtemps symbole du vieil ordre bushien, d’un GOP au service du complexe militaro industriel, fut limogé avec fanfare, en partie car ce dernier faisait fuiter de nombreux scoops quant aux coulisses présidentielles, à des organe de presse hostiles comme The Atlantic, mais aussi car ce dernier ne représentait pas la vision de Trump, les aspirations de la base MAGA et du nouveau GOP qui n'avaient finalement pas besoin de composer avec les néo conservateurs pour accéder au pouvoir et plaire à la coalition électorale. 

De cette façon, Trump changea de politique internationale, sans changer de weltanschauung entièrement mais en ingérant l’idée que “l’Amérique d’abord” ne voulait pas dire une Amérique refermée sur elle même mais une amérique puissante et assumant sa volonté de puissance alors même que les néo conservateurs s’engluaient dans une vision centriste et fondée non pas sur la puissance impériale mais sur les legs du XXe siècle et les fictions de droit international et de nation building invoquées pour justifier des interventions très impopulaires, contre lequel Trump s'engagea dans la course présidentielle mais dont il finit par voir un intérêt dans l’établissement et la protection de la puissance impériale américaine.


Aujourd’hui, du fait de telles interventions, on retrouve en soutien à la politique étrangère de l’administration Trump certains représentants de cette vieille néo aile bushienne du parti qui jadis détestait Trump, comme Lindsey Graham qui pourtant fut longtemps dépeint comme le plus RINO des RINO, au détriment d’anciens alliés attirés par une partie du discours de Trump sur l’international (sans pour autant comprendre les enjeux que celui ci place dans sa géopolitique car comme nous le verrons plus tard Trump et le trumpisme reste le Trumpisme en dépit de l’influence de Marco Rubio qui s’affirme plutôt comme un ajout précieux à l'équipe du président plus que comme une influence néfaste ou un édulcorant) . A l’inverse  nous voyons pulluler depuis peu une opposition “de droite” au trumpisme.


L’opposition “de droite” à cette guerre menée par de nombreux anciens MAGA qui, pour des raisons souvent financières, se sont retournés contre lui et son entrés dans une opposition contre le GOP et contre Israël ainsi que par l'extrême droite néo-nazie des “groyper”. 

Si autrefois ce courant “de droite” antisioniste était cantonné aux franges Incel de la droite en ligne de nombreux commentateurs ont rejoint cette frange depuis quelque temps tel que Tucker Carlson dont les positions actuelles détonnent grandement du temps où ce dernier était le présentateur vedette de chez Fox News. 

Cette nouvelle coalition anti trumpiste qui critique la position internationale du président américain ainsi que son style de communication est qualifié par ses opposants de “Third World Right”, “Retard Right” ou encore “Woke Right”. Ces derniers appellent à présent à voter pour le DNC aux mid terms. Ces derniers ont commencé à proliférer sur les réseaux de façon encore plus proéminente après la mort de Charlie Kirk qui agissait comme un rempart face à ces extrémistes qui d'ailleurs ont pris sa veuve comme cible notamment au travers de la streameuse complotiste Candance Owen. 

La remise en avant de la question des dossiers Epstein que les différentes administrations américaines avaient décidé de ne pas divulguer au public, par la crise autistique de Elon Musk suite à une attribution de marché défavorable à ses entreprise par son camarade occupant la Maison blanche (à noter que Musk n’est absolument pas dans la mouvance de Tucker Carlson et de Nick Fuentes et soutient de nouveau la mouvement MAGA en dépit de son relatif retrait de celui ci).

D'autres personnalités plus directement politiques font aussi partie de cette coalition comme l’ex congresswoman connue pour ses frasques complotistes: Marjorie Taylor Green qui fut récemment défaite dans les urnes après s'être retournée contre le GOP. 

On peut aussi évoquer Joe Kent qui abandonna son poste de cabinet à l'antiterrorisme ou son inaction fut grandement soulignée car ne se sentant plus en accord avec Donald Trump pour révéler ensuite son addiction aux podcasts de Candace Owen et en perturbant le procès de l'assassin de Charlie Kirk, le criminel qui provoqua de sa balle meurtrière tant de troubles, en parlant des théories complotistes abracadabrantesques qu’il avait entendues dans ce podcast.

La divulgation des fameux dossiers Jeffrey Epstein, si il a permit de lever le doute sur les théories du complot précédentes et plus qu’autre chose semble exonérer le président qui semble avoir été un farouche ennemi du financier new yorkais, ceux ci furent néanmoins un véritable “infohazar” de part la difficulté pour le public peu informé de comprendre comment de tels fichiers fonctionnent (nettement en ce qui concerne les “tips” donner au FBI par des personnes schizophrènes et qui ne correspondent à rien) autant que par les tentatives réussies de manipulation algorithmique d'agent de l'étranger utilisant le nom et l’image populaire presque folklorique que a pris Epstein dans l’imaginaire de nombreuses personnes. Si il est vrai que Pam Bondie a très mal géré la divulgation desdits fichiers, leur contenu a provoqué  une déception pour beaucoup qui y cherchaient des preuves concrètes de complot mondial  mais est devenue une aubaine pour les ennemis de l'Amérique et d'Israël appelée antisemitiquement “Empire Epstein”.

Comprendre ces mouvances en ligne est importante pour comprendre la parti propagandiste de la guerre en Iran tant le régime des Mollah reprend dans son discours à destination des américains, les marottes, symboles et slogans de cette “retard right” ainsi on peut voir parler le président américain de la nature opposée de l'intervention de Trump à l'idée de “America First” ou encore les forces armées iraniennes sur X ont pu partager des vidéos faites sur IA parlant de se battre contre “L’Empire Epstein”, un comble quand on connaît le taux de mariage forcé de mineurs sous le régime révolutionnaire iraniens. 

En dépit de ces attaques et de ces tentatives de déstabilisation idéologique, la guerre en Iran dans les sondages est loin d’être impopulaire : celle ci se retrouve dans des niveaux d'approbation souvent aux alentour des 46% ce qui correspond de près à l'approbation du président lui même et ce qui dans un contexte américain polarisé reste bon. L’approbation à la guerre a pu même passer au-delà de ce solde et n’est pas opposée en bloc par les citoyens démocrates. Nulle manifestation d'opposition en Amérique, en tout cas aucune d'ampleur, seuls les “no kings rally” des boomers démocrates continuent sans que l’angle anti -guerre ne prenne le dessus sur la simple détestation partisane du président. Le fait que l’Iran depuis 79 se soit placées elle-même, via le régime de la république islamique, en ennemie radicale de l'Amérique, appelée depuis des décennies “le grand satan” rend sûrement inaudible leur propagande sur Epstein. 

Cette opposition “sur la droite” à Trump néanmoins semble rester bien cantonnée aux réseaux comme en témoigne la défaite de Thomas Massie, le représentant au congrès de cette “Podcast Right” obsédé par Epstein, qui fut battu par un candidat MAGA et qui pour tenter en vain d'éviter la défaite fut contraint d’envoyer aux électeurs du Kentucky la lettre “périmée” de soutien que Trump lui avait adressée bien avant son virage en 2022, montrant qu'au sein du GOP le soutien de Trump est toujours faiseur de roi.


L’Europe, quant à elle, est dans une position bien délicate par rapport à cette guerre, l’attitude des dirigeants européens pourrait faire l’objet d’un édito à part entière. Si, en coulisses, les dirigeants européens sont soulagés à l’idée d’une chute du régime des Mollah et de leurs proxy terroristes, le risque de crise économique liée au pétrol et aux blocages du détroit d'ormuz ainsi que le manque de communication des Etat Unis dans la décision majeure de déclencher ces évènements (secret tenu envers les alliés européens dont nous pouvons à loisir débattre du bien fondé) et la classique mésentente transatlantique lorsqu’un Républicain est présent à la Maison blanche (et particulièrement ce président républicain là) ont pu laisser un arrière goût très amer pour une Europe qui, en dépit de son rejet de la dictature illibérale de la république islamique, se retrouve en porte à faux dans une guerre dont ses dirigeants rappelle souvent, plus que pour n’importe quel conflit récent, qu’ils “ne l’ont pas choisi”. Si il n’est pas l’objet ici de répertorier et d’analyser chacun des changements de discours ou d’actes des dirigeants européens dans la guerre d’Iran, le point à retenir est que, en dépit de quelques discours et moment de “aurafarming” la France et l’Europe, comme le témoigne cette guerre reste en refus complet tant de cette attitude impériale césarienne que de l’Amérique de Donald Trump en général. On retrouve ainsi essentiellement des appels a la paix et l’idée, moqués par la diaspora perse en ligne qui frustrer contre le non interventionnisme européen rigole jaune de la montée des carburents dans le vieux continent  que le régime ne tombera que sans bombe.  


Face cette Europe, le président américain ne cache pas sa frustration et on ne peut qu’imaginer que, même après la victoire, il restera une défiance vie à vie de l’allié européen vu comme inutile, coûteux et moralisateur par l’hyperpuissance américaine qui, personnifiée en la figure de Donald Trump, considère de façon ironiquement bushienne que si vous n’êtes pas son allié alors vous êtes son ennemi. La fracture Europe - Amérique pourrait ainsi faire l’objet d’un article ultérieur tant elle est bâtie sur de l’idéologie plus que sur des intérêts réellement divergents.


Si les négociations pour mettre fin au conflit semble s'étirer, la capacité de l’administration américaine à avoir décapité le pouvoir iranien (ou de façon un peu déformante Trump puisse parler de changement de régime “car tout le monde dans le régime a été changé) , à défaut d’une victoire complète qui aurait demandée aux populations, que le régime iranien avait déjà rendues martyr quelques mois plus tôt, de nouveau se soulever, témoigne ainsi bien d’une nouvelle vision américaine. D’abord le Vénézuela et ensuite l’Iran, Cuba et le régime castriste, haï par un grand monde en Amérique, à commencer par les cubains américains qui maintenant ont l’oreille du président, est la prochaine cible de façon revendiquée tant par Donald Trump, JD Vance et Marco Rubio, le triumvirat qui se veut représenter le retour d’un Amérique puissante loin des échecs de l'ère néo conservatrice.


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